jueves, 19 de julio de 2007

Les machines desirantes.





L'idee pour le moins inattendue et qu'il a fallu que je digere, a savoir que je ne travaille pas pour aimanter le client quebecois , americain ou sud-americain mais bel et bien pour remplir les criteres d'ordres esthetiques d'un comite d'experts en herbes folles integre au systeme organisationnel de NISSAN,et bien cette idee , je l'ai posee sur mon bureau et elle me regarde.Elle me nargue presque.Ma corbeille est pleine, quelle chance elle a.
En bref, et vu de maniere plus large, dans mon team spirit, toutes les energies convergent non pas pour permettre au client gaijin de Nissan de se sentir bien guide dans sa requete, mais ces energies domptees se preoccupent uniquement de ces foutus experts NISSAN qui, decidement, ne parviennent pas a concevoir la diversite -formidable pourtant- des marches, des cultures, des jeans,etc.Stupefait.Une grille de lecture ,seule et unique, semble bien constitue le leitmotiv du NISSAN spirit.Souvenirs d'etudes de cas en Angleterre ou il s'agissait de s'avaler le de plus en plus celebre bouquin-reference, a savoir "Le management TOYOTA".
J'ai envie de leur dire a ces experts que l'ecriture - puisque c'est bien ce dont il s'agit- se dilue tres mal dans les sciences mathematiques.

Revenons-en a nos moutons.Humour contextuel, aussi.
Les fantasmes, le desir, au Japon, c'est pareil qu'ailleurs, sauf que c'est le jour et la nuit.Trajet matinal sur les rails du bohneur, encastre dans une carlingue suffocante mais climatisee, a toi c'est moi, silence d'or , de plomb, presque imperturbable, syndrome d'apnee ferroviaire.Alors on se plait au moins a imaginer ce qui se passe dans la tete de chacun.Quand vient la nuit, les desirs sont les memes, mais l'objet du desir change automatiquement.Le rapport a celui-ci egalement.Ce desir n'est plus investi de la meme maniere, et l'alcool aidant,les pupilles se dilatent.Ce qu'il y a de vachement bien, c'est d'imaginer les fuites imaginaires, inconscientes d'un troupeau urbain au moment T : hop, j'arrete le temps, je fais la releve des compteurs, je mesure, je calcule, et je bascule vers l'ireel.Super idee.Enfin du spectacle.

Deleuze :

"Si tu poses la question "pourquoi" on se retrouvera dans toutes les catégories du signifiant, c'est une question perfide. Moi je crois que il y a une région, dans la région des machines qu'on peut appeler les machines de désir ou des machines désirantes, il y a un fonctionnalisme, c'est à dire la seule question c'est : comment ça marche ? Comment et pas pourquoi et c'est là que certains ethnologues restent très en rapport avec les phénomènes du désir dans le champ social : c'est lorsqu'ils s'interrogent : à quoi ça sert au juste la psychanalyse, est-ce que cela nous sert vraiment dans notre tâche à nous d'ethnologues, et ils disent oui et non, parce que nous, en tant ethnologues, ce qui nous intéresse avant tout, c'est pas qu'est-ce que ça veut dire de quelque manière que soit posée la question, mais c'est vraiment : comment ça marche dans le champ social ? Alors, là-dessus viennent les arguments que l'on connaît très bien, à savoir : jamais la fonction ou jamais l'usage de quelque chose n'explique la production de cette chose, par exemple jamais la manière dont un organisme fonctionne n'a pu expliquer le mode de production de l'organisme ou jamais le fonctionnement d'une institution n'a pu expliquer la formation de l'institution même. Moi je crois que c'est très vrai cet argument anti-fonctionnaliste mais à quel niveau : au niveau des grands ensembles du niveau des ensembles molaires; là, en effet, l'usage est toujours second par rapport à la formation. Mais si on essaie de penser l'inconscient en termes de machines, en termes d'usines, en termes d'unités de production, en termes de machines désirantes, je crois que ce ne sont pas des grosses machines, ce sont des micro-machines : l'inconscient machinique, l'inconscient des machines désirantes, c'est essentiellement un micro-inconscient, un inconscient micro-logique, microphysique, ou si vous préférez c'est un inconscient moléculaire. Or, au niveau c'est à dire formations moléculaires, contrairement au niveau des ensembles molaires, à la lettre, il n'y a pas de différence possible entre la formation et le fonctionnement. Si je dis comment ça marche, je ne peux rien dire d'autre. La question de la schizo-analyse c'est pas du tout - j'entends bien la question qu'est-ce que ça veut dire, est très complexe, parce qu'à un certain stade, la question qu'est-ce que ça veut dire, ça peut renvoyer à un simple signifié ou comme on dit, au fond, toute la question ça serait de savoir quand on parle du signifiant, est-ce que c'est encore qu'est-ce que ça veut dire ou est-ce que c'est un autre type de question ? Moi, je crois que c'est la même question (c'est encore la question qu'est-ce que ça veut dire simplement barrée, mais c'est encore du domaine qu'est-ce que ça veut dire, tandis que les machines désirantes, à la lettre, ça ne veut rien dire, ni en termes de signifié, ni en termes de signifiant, or le problème de la schizo-analyse c'est : qu'est-ce que c'est tes machines à toi ? Et ça c'est pas facile à trouver : un type arrive et qu'est-ce que c'est que ses machines désirantes à lui, il ne suffit pas de constater qu'il aime bien faire de l'auto, qu'il a un frigidaire, tout ça c'est un rapport avec les machines désirantes mais ce n'est pas ça les machines désirantes. D'autre part, les machines désirantes ce n'est pas des fantasmes, c'est pas des objets imaginaires qui viennent doubler, ce n'est pas l'auto rêvée qui vient doubler l'auto réelle et ... Les machines désirantes ce sont de formations moléculaires qui existent objectivement dans les grandes machines techniques et dans les grandes machines sociales, c'est pour cela qu'il faut faire, il me semble, la critique de tout ce qui est rêve, fantasme, pas plus que l'inconscient n'est un théâtre, l'inconscient ne rêve, l'inconscient ne fait de fantasme; tout ça ce sont des produits second de la réflexion, tout ça c'est des territorialités d'Oedipe, le rêve c'est toujours oedipien : si les analystes en restaient toujours au rêve, ça serait forcé qu'ils retrouvent Oedipe.

Il faut montrer comment le capitalisme ne cesse de déterritorialiser et, par son axiomatique, il reterritorialise. Par exemple, le fascisme a été aussi une espèce de procédé de reterritorialisation des grandes masses, mais quelque chose de terrible. On ne peut lire la déterritorialisation et son degré de quelqu'un, c'est à dire sa terreur schizophrénique qu'à travers les contre-terreurs, les reterritorialisations auxquelles il procède. C'est pourquoi le pervers, c'est pas quelqu'un qu'il faut penser en termes de pulsions, c'est quelqu'un qu'il faut penser en termes de terres, c'est un type qui ne veut ni de la territorialité d'Oedipe, ni de celle du divan, ça ne lui plaît pas, il invente des terres artificielles, des groupes artificiels; il se reterritorialise de sa manière à lui, et si rien ne va, dernière limite : on se reterritorialise sous forme du corps sans organes, c'est à dire la catatonie dans l'hôpital, c'est la terre la plus pauvre; il a refait sa petite terre.

Ce qui est important, c'est que le mouvement de déterritorialisation n'est pas simplement susceptible d'être repris dans la reterritorialisation perverse, qu'elle soit psychanalytique ou perverse à proprement parler, mais que le mouvement de déterritorialisation est assez fort pour, épousant ses lignes de fuite révolutionnaires, créer à lui-même un nouveau type de terre. C'est peut-être ça que Nietzsche veut dire lorsqu'il dit qu'un jour la terre sera un lieu de guérison : peut-être qu'au lieu de se reterritorialiser sur des terres factices, le mouvement de déterritorialisation dans des conditions déterminées, peut devenir créateur d'une terre nouvelle, ce serait bien en tout cas. "

La culture, c'est comme la confiture, plus on l'etale, plus c'est bon.Plus on en reprend.

Miike Takeshi, dans le genre Deuleuze, un petit genie createur de films tres controverses , donc toujours bons :

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