Pour Noel, un peu de Baudrillard sur les toasts caviar.
"Il y a longtemps déjà que l’objet a supplanté le sujet – ravalé lui même au niveau d’objet d’une société de consommation qui a tout envahi – plus longtemps encore que l’empire du Bien appelle la transparence du mal, que l’histoire se retourne sur elle-même et implose en mille petits récits contradictoires, que l’économie est subvertie par les stratégies fatales de l’échange symbolique (nullement aboli par l’échange marchand), que la séduction réconcilie l’homme avec l’inhumain et le surhuma". Seule une « pensée radicale », dégagée du carcan des sectes et des gourous qui trônent encore sur nos représentations du monde, peut nous faire aborder ce nouveau monde". Baudrillard est l’un des rares penseurs – et passeurs – qui en a l’audace, la profondeur d’analyse et la force verbale. Lui qui estimait que la lâcheté intellectuelle devrait être consacrée discipline olympique, ne recule devant rien : pas un tabou de l’histoire officielle, pas une vénération (la guerre du Golfe, l’art contemporain, le 11 septembre…) qui ne lui résiste. Cela lui vaudra, entre autres ostracismes, d’être chassé temporairement de Libération où sa plume trop acérée désarçonnait le lectorat de gauche caviar.
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