L'idee conformisante est l'idee qui prime.Ou l'idee prime.
Cette tele-la est le cancer de cette societe-ci, que j'ai envie d'ecrire.Hop,c'est fait.Ce qu'il me manque volontiers,ce serait un genre de sociologue avec ses poches trouees ayant l'amabilite de m'expliquer plus en details la realite de ce quotidien-ci.Un vrai sociologue, un qui gagne pas un rond et qui manipule des grilles et des ratios jusqu'au lendemain matin.Un qui pourrait me certifier que le role de la television au Japon est un formidable machine a fabriquer de la solidarite dans le bloc-ciment de la masse dernierement un brin emechee, un tant soi peu desolidarisee.Un qui puisse venir me contredire en toute violence, venir dejouer cette auto-persuasion qui veut croire plus que tout -meme plus qu'un Tokyoite, c'est dire- que cette television-la est LA couille dans le potage qui fait pousser les mauvaises herbes.
Sur la television, un classique, Pierre Bourdieu - qui, plus jeune , travaillait deja avec Baudrillard,ce dernier ayant pris par la suite l'ascenseur pour l'hyper-realite, et l'auteur --mal a l'aise de ce mauvais blog -- tres tente de le prendre aussi - se livre a une analyse digne d'une des meilleures pizza quatre fromages qu'il est permis de manger a Rome, pas a Tokyo, ca va sans dire .
Television, mirroir, narcissisme, idee conformisante qui veut que l'on se rassure eternellement sur soi-meme,sur ce que l'on represente aux yeux des autres, sur sa place -sociale- dans cette realite de rapports de production et plus loin de classes.
Oui, la realite d'ici est concue precisement pour se regarder dans le tube numerique.
Ce qui se passe en dehors releve effectivement d'une marginalite relevee deja a un stade bien avance, une genre de cancer, des gens venus d'ailleurs, presque des etrangers, des outsiders blesses dans leur amour propre de ce beautiful Japan, celui qui fait encore rever les foules de tout bord, parait-il.L'ironie, le Frank Zappa, soit le doping quotidien face a cette realite-ci, celle de la fin des annees 70 aux Etats-Unis pour amorcer l'epique tranche des eighties.Ca devait forcement etre mieux avant.
Ces gens marginaux sont des grillons caches dans leur galerie, et il faut les arroser ces moments-la car les rencontrer est vraiment une experience valorisante.
Tomooki fait naturellement partie de ceux-la.Merci Tomooki.
En dehors de cette realite marginale, donc forcement vraie, le coeur de l'artichaud, ce trop plein jamais satisfait de conformisme, ce besoin insatiable de controler sa vie selon le modele de la puissance du "je" collectif ne m'interesse guere, voire absolument pas.
Il faut n'en faire jamais assez pour montrer qu'on l'aime ce Japon-la, le vivre au quotidien n'est pas suffisant, j'aimerais me transformer en force jaune et jouer a Bioman pour amuser les foules et me faire applaudir.
C'est a Koenji, quartier situe a l'Ouest de Shinjuku la puta madre que les jeunes de ma generation qui n'ont plus grand chose a perdre se reunissent, dans des bars que je connais bien, au milieu d'autres generations qui n'ont que foutre de leurs problemes existentiels, "j'ai deja assez des miens, vous comprenez bien".Koenji, la ou un bon commencement d'une histoire de societe peut debuter sans trop fouiller .
Vive les marginaux, surtout ceux d'ici etant donne la difficulte de s'affirmer en tant que tel dans une societe sourde.Mais la sociologie, c'est un peu la representer comme une photo d'un lieu pris a l'instant T, des photos que l'on accumule dans un joli classeur relie, et qui finit tot ou tard par remplir le grenier, pour ce qui en ont.Une vraie marginale.
Au fond, la pensee de Baudrillard - une parmi tant d'autres - plaquee a cette realite-ci, semble se verifier parfaitement s'agissant du cas du Japon moderne.La desaffection du lambda moyen pour ce que y est encore convenu -dans la norme - d'appeler la politique, couple a la supremation reelle de la television - autre forme d'hyper realite- sur ce qui fait que le quotidien est ou du moins semble paraitre- font du Japon moderne un pays avant-gardiste et content de l'etre, meme sans le faire expres.Le retour des sondages sur le prisme deformant des medias, ce qui fait qu'on se fait son idee sur cette realite-la a laquelle on fait confiance plus que tout autre analyse personnelle et si pertinente soit-elle,n'a jamais rendu la pensee de Baudrillard aussi seduisante.
Suscribirse a:
Enviar comentarios (Atom)


No hay comentarios:
Publicar un comentario