lunes, 4 de junio de 2007

"Mais vous avez fini de raconter votre vie ?!".

Insolence, impertinence,"qu'on me dispatche, qu'on me disperse, qu'on m'evapore".
Au boulot, je commence a demi-vomir tous les "shikatta", ces sacro-saintes manieres de faire, de proceder, de pecher, de parler, de jouer au jokari le dimanche apres-midi, ...non, trop facile, forcement trop reducteur, trop juge a l'emporte-piece, revoyez votre copie.Tentons donc de prendre l'epineux sujet de revers de fond de cours plutot que de le jouer en volee au filet.Le systeme organisationnel de la PME nipponne "standard" aime bien patauger dans la pensee esthetisante a outrance.Paf, revers slice, c'est un parti-pris, balle dans le filet, tant pis.Le gout sans commune mesure pour le procedurier, l'attention portee aux details, la discipline collective venue d'un autre monde ? pour ce qui est bon d'appeler la "voie concensuelle absolue",bref j'en passe, tout cela ne peut que rendre admiratif, ou sacrement palichon.Ainsi, point d'interpretation possible s'il s'avere que l'auteur de la tache ne s'est pas suffisamment plie a cette sacro-sainte maniere de faire.Anticiper l'imprevu, reculer deux minutes et tacher d'interpreter la situation de maniere individuelle, ceci releve bien d'une fiction, du moins semble-t-il et a titre strictement personnel.
Travailler quotidiennement avec des Japonais peut aussi facilement me faire dire qu'il n'existe quasiment pas ou presque de vie apres le sacro saint boulot.La conception du travail et la relation propre que le lambda moyen entretient vis-a-vis de son temps passe au bureau donne presque le vertige, tant on peut se demander si la conscience d'une vie privee tient ou non legitimement sa place dans les tiroirs du Tokyoite.Finalement, je crois que dans le fond, et a bien y avoir reflechi, la realite la plus palichone ici-bas tient certainement au fait qu'on ne sait pas ici ce que represente le travail en soi,la superficialite est de mise et la dissociation travail termine - je me tire a demain semble severement manquer a l'appel.Entretiens-je ce fameux mythe occidental qui veut a tout prix demontrer qu'au Japon on ne vit qu'au travail,sans doute, mais comment ne pas parvenir malgre tout a une telle conclusion ? trop realiste..peut-etre.Aussi, voir ses collegues cloitres devant leurs postes quand il est plus que l'heure de partir souleve a coup sur de veritables interrogations , notamment d'un genre personnel dernierement tres plebiscite , a savoir "bordel a cul,qu'est-ce que je fous ici ??!!".
Ce n'est pas que l'on travaille trop a Tokyo (la productivite horaire du travail au Japon est relativement assez faible mais suffisammebt signifiante en soi pour venir contrarier cette idee prefabriquee, presque exotique), c'est surtout qu'on pense trop au travail, a y etre physiquement present, puisque comme toujours , il s'agit bien ici davantage de croire aux choses que l'on nous montre-dit-incluque,etc que d'analyser un tant soi peu la realite sous-jacente, tiens par exemple, le marche des actifs travaillant a temps partiel, soit 33% des actifs concernes ici-bas.
Vivre travail ,penser travail, se rendre disponible a tout moment, se rendre serviable,je m'arrete la , tout ceci est deja du parti-pris, trop tard, le mal est fait.



Peut-etre serait-il legitime de voir dans cette pensee esthetisante -envers laquelle je me garderai de porter toute forme de jugement futile- une autre forme d'obstacle a la comprehension et au dialogue assume et digere avec les autres contrees lointaines. Cela voudrait-il donc signifier que la pensee esthetisante prise en soi ne puisse jamais integrer la pensee rethorique ?.Qu'il y aurait ainsi et a tout jamais ces fameuses incomprehensions culturelles lorsqu'il s'agit notamment de dialoguer avec autrui, l'autre, cet etranger,et qu'il ne sert par-dela a rien de caresser l'espoir de comprendre le dit phenomene, ainsi pas tres fier de ce contenter de cette quasi-excuse ouverte 24h sur 24 et qu'on aime nous ressortir a tout va quand il n'y a plus d'arguments a pecher au fond de la mer..,a savoir ,"nous pensons differemment, c'est tout, la, voila tout".?.Mais non, tete d'ail, le probleme n'est pas la,il doit bien etre ailleurs.
Revenons plus en contrebas et tachons bien de nous meler de ce qui nous regarde.Tiens, les enfants , par exemple.Soit la penurie ici-bas, les ventes de biberons doivent chuter, il ne doit pas faire bon travailler dans le departement marketing d'une PME s'aventurant sur le dit marche.Le gouvernement avec ses incessantes idees lumineuses semblait dernierement proposer une aide supplementaire de 26.000 Yens par moi a la famille du nouveau-ne, et ce jusqu'a une phase de scolarite sacrement avancee du petit.Du classique formate local, l'eternelle rengaine et naturellement commune a tous les pays capitalistes et fiers de l'etre, a savoir "ben, l'argent va creer les bebes, c'est bien connu!".Claro que no, l'argent n'est qu'un signe exterieur de richesse, et je ne vois pas comment celui-ci saura a meme de relancer l'idee selon laquelle il serait grand temps de penser a la famille en termes de plaisirs assumes et assouvis, en y allant piano piano sur la terrible et endemique jalousie de base affichee par la mere Tokyoite lambda, bref en faisaint en sorte aussi et finalement surtout que la loi regissant l'encadrement juridique de la famille ici bas puisse enfin tenir compte des preoccupations essentielles de ces gens ici-bas n'ayant pas les moyens d'aller jouer au golf chaque dimanche .

No hay comentarios: